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Caravane Ouest Africaine poursuit sa quête pour une gouvernance inclusive des ressources naturelles au Burkina Faso

Arrivée au Burkina Faso après l’étape du Mali, la Caravane ouest-africaine poursuit son périple de sensibilisation et de plaidoyer. Entre rencontres institutionnelles, visites de sites emblématiques et découvertes d’initiatives agroécologiques, les caravaniers réaffirment leur engagement en (…)

Arrivée au Burkina Faso après l’étape du Mali, la Caravane ouest-africaine poursuit son périple de sensibilisation et de plaidoyer. Entre rencontres institutionnelles, visites de sites emblématiques et découvertes d’initiatives agroécologiques, les caravaniers réaffirment leur engagement en faveur de la souveraineté des peuples sur les ressources naturelles.

Remerciement des autorités du SYA pour leur appui à la Caravane 2023

Ce dimanche 26 juillet 2026, les caravaniers ont fait leur entrée à Bobo Dioullasso, première escale de l’étape du Faso. Les membres de la délégation ont effectué une visite de courtoisie aux autorités administratives de la ville de Sya afin de leur témoigner leur reconnaissance pour l’accompagnement apporté lors du lancement de la caravane en novembre 2023. À cette occasion, la cheffe de la délégation malienne, Aïchata Koné, a rappelé le sens de cette mobilisation régionale. Selon elle, la caravane poursuit un objectif commun : aller à la rencontre des communautés, échanger avec elles et porter leurs préoccupations face aux défis liés à la gestion de l’eau, de la terre et des semences paysannes, des ressources essentielles à la survie de l’humanité. « Notre combat consiste à faire face aux multinationales ainsi qu’au système capitaliste et néocolonial. La caravane est un espace qui nous permet de dénoncer les injustices auxquelles nous sommes confrontés et de porter les doléances ainsi que les revendications des communautés que nous visitons », a-t-elle déclaré.

Faisant le bilan des dix années d’existence de cette initiative citoyenne, Rosalie Ouoba s’est félicitée des avancées enregistrées. « D’année en année, nous constatons que les choses évoluent. Nous sommes davantage écoutés, nos propositions sont prises en compte et de plus en plus d’acteurs rejoignent la convergence. C’est un acquis important », a-t-elle souligné.

Le secrétaire général du gouvernorat du Guiriko, Souleymane Nakanabo, a salué la dynamique portée par la caravane. Pour lui, la défense des ressources naturelles dépasse les intérêts individuels. « La meilleure manière de nous rendre dépendants est de faire disparaître ce que nous possédons naturellement. Votre lutte n’est pas personnelle ; c’est une cause africaine », a-t-il affirmé.

Hommage à Thomas Sankara et plaidoyer pour la souveraineté des ressources

Après leur passage à Bobo-Dioulasso, les caravaniers, venus du Mali, de la Mauritanie, du Sénégal, du Niger et du Burkina Faso, se sont rendus, ce lundi 27 juillet 2026, au Mémorial Capitaine Thomas Sankara à Ouagadougou.

Avant la visite guidée du site, le point focal de la Convergence pour le Burkina Faso, Alassane Nakandé, a rappelé les enjeux de cette cinquième édition de la caravane. Il a dénoncé la pression croissante exercée sur les ressources naturelles du continent. « Aujourd’hui encore, nos terres sont convoitées, nos semences paysannes brevetées et nos ressources minières exploitées sans bénéfice équitable pour les populations. Nos forêts disparaissent, nos eaux sont polluées et nos systèmes alimentaires sont fragilisés par un modèle économique qui privilégie le profit au détriment des communautés. Face à cette situation, nous refusons la résignation », a-t-il déclaré.

Représentant le gouvernement burkinabè, le Directeur général des Productions végétales, Prosper Zemba, a réaffirmé l’engagement des autorités en faveur de l’agroécologie paysanne. Il a indiqué que le Burkina Faso met en œuvre une politique de promotion et de vulgarisation de pratiques agricoles durables afin de renforcer la résilience des systèmes de production et de préserver les ressources naturelles. Selon lui, le choix du Mémorial Thomas Sankara comme cadre de cette rencontre revêt une forte portée symbolique. « Ce lieu rappelle les idéaux de souveraineté, de justice sociale et de dignité. Le thème consacré à la gouvernance des ressources naturelles et aux alternatives face aux crises est en parfaite résonance avec les priorités du Burkina Faso », a-t-il déclaré.

À l’issue des interventions, ponctuées de slogans en faveur de la protection de l’eau, de la terre et de l’agroécologie, les participants ont visité les différents espaces du mémorial : la statue du père de la Révolution burkinabè, sa tombe, la salle où il fut assassiné ainsi que son véhicule, dans un parcours empreint d’histoire et d’émotion.

Découverte d’initiatives agroécologiques à Ziniaré

Les activités se sont poursuivies sur le site agroécologique de Yélemani, à Ziniaré, où les caravaniers ont découvert des initiatives locales de production durable. Le responsable de la production de l’association, Badial Salfo, a présenté les actions menées sur les différents sites de la structure. « Tout ce que vous voyez ici est une production made in Yélemani. Nous disposons de trois autres sites de production. Nous développons également des jardins scolaires afin de créer un lien entre l’agroécologie paysanne et les cantines scolaires. En parallèle, nous assurons des formations et des renforcements de capacités au profit des producteurs », a-t-il expliqué.

À l’issue de cette escale, la caravane prendra la route en direction de Tenkodogo dans la région du Centre-Est. À travers cette traversée régionale, la Caravane ouest-africaine « Droit à l’eau, à la terre et aux semences paysannes : une lutte commune ! » entend poursuivre son plaidoyer en faveur d’une gouvernance plus équitable des ressources naturelles et d’une agriculture durable portée par les communautés elles-mêmes.