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Pour une meilleure reconnaissance du rôle des femmes dans la pêche artisanale africaine

Des femmes intervenant dans la pêche artisanale africaine exhortent les dirigeants africains à prendre en compte la pêche artisanale dans toute politique de développement, ainsi que la mise en place d’infrastructures génératrices de bien-être (électricité, eau courante, hôpital, écoles). Cette revendication s’inscrit en droite ligne de la Caravane Ouest-Africaine pour la terre, l’eau et les semences, partie de Ouagadougou le 5 mars et qui devrait arriver à Dakar le 16 mars après une dizaine d’arrêts.

Réunies à Nouakchott en Mauritanie du 6 au 8 mars 2016 à l’occasion d’un atelier autour des « droits de la femme et les réformes de la pêche en Afrique », elles ont profité de la célébration de la journée internationale de la femme, le 8 mars, pour lancer cet atelier depuis le quai de pêche de Nouakchott.

« Cette journée est une occasion extraordinaire de rappeler à tous, en particulier aux décideurs politiques, le rôle que nous jouons pour améliorer les conditions de vie de nos enfants, de nos frères pêcheurs artisans et de nos sœurs femmes transformatrices ou mareyeuses, et pour nourrir l’ensemble de nos populations », explique Micheline Dion, mareyeuse de Côte d’Ivoire et également coordonnatrice des femmes de la Confédération Africaine des Organisations Professionnelles de Pêche Artisanale.

Venus de 47 pays différents, la plupart de ces femmes pratiquent le commerce de poisson. Dans leurs communautés, beaucoup d’entre elles sont chef de ménage et le poisson représente la principale voire la seule source de revenus. « Dans de nombreux pays, ce sont souvent les femmes qui préfinancent et préparent les campagnes de pêche, achètent le carburant, la glace, la nourriture, les médicaments. Ce sont souvent elles qui nettoient les caisses aux poissons, préparent le matériel de fumage et de salage pour réceptionner le poisson dans de bonnes conditions. Une fois le poisson arrivé, ce sont les femmes qui s’occupent du tri entre ce qui doit être acheminé sur le marché local, ce qui doit être conservé et ce qui doit être fumé. Ce sont surtout les femmes qui transforment le poisson et le commercialisent », rappelle avec fermeté Micheline Dion.

Dans la foulée, Awa Djigal, mareyeuse sénégalaise ajoute : « Il faut aller vers une véritable gouvernance qui est la seule chose qui peut permettre l’implication de tout le monde, sans distinction de sexe. Et le plus grand défi auquel les femmes font face, c’est leur implication dans la définition et la gestion des politiques publiques et d’occuper la place qui est la leur, pour que cette implication-là soit utile ».
Pour Leila Souleymane, une mareyeuse Mauritanienne pour voir une transformation réelle, il faut considérer la pêche comme un domaine participant à la souveraineté alimentaire à l’instar des productions agricoles. C’est ce message qu’elle a porté au cours des travaux de la caravane pour la terre, l’eau et les semences. « La caravane a été très importante pour nous car elle nous a permis de mettre en avant l’importance de la pêche et du poisson dans la souveraineté alimentaire dans nos pays. Nous attendons de nos autorités des positions très claires en faveur de la pêche artisanale. Il faut protéger la pêche au même titre que la terre, l’eau et les semences », clame-t-elle.

Elles souhaitent également un accès facilité aux formations en gestion, à l’entreprenariat et à la valorisation de leurs produits afin d’améliorer leurs revenus et leurs conditions d’existence. « Eduquer les filles des communautés de pêche, alphabétiser les femmes de la pêche artisanale, les former pour une meilleure valorisation du poisson, c’est permettre à ces femmes et à leurs familles d’avoir un meilleur revenu, mais aussi de mieux comprendre les enjeux de la pêche, les réglementations aussi. C’est également renforcer toute la communauté de pêche artisanale », précise Micheline Dion.

De plus en plus conscientes de leur force, les femmes de la pêche artisanale africaine savent cependant qu’elles devront aller à la conquête de ce qu’elles revendiquent. « C’est au prix de rudes luttes que nous allons acquérir nos droits », conclut Awa Djigal.

Inoussa

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