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La société civile ouest-africaine contre la politique de la biosécurité de l’UEMOA

Suite à l’échec du coton transgénique au Burkina Faso, plusieurs pays de la sous-région qui avaient un penchant pour les OGM révisent leurs positions et deviennent réfractaires aux OGM. Mais pour les organisateurs de la caravane pour la terre, l’eau et les semences paysannes, les efforts de protection risquent d’être mis à mal. La faute à la politique sur la biosécurité de l’ et monétaire UEMOA jugée favorable l’introduction des cultures transgéniques.

La culture transgénique est en perte de vitesse en Afrique de l’ouest. Le coton BT, la tête de gondole de la firme américaine Mosanto, introduit au Burkina en 2008, s’est avéré être un cuisant échec. En moins d’une décennie, le coton BT a déstructuré l’économie florissante du textile qui était la première source de devises du pays. Tout ce qui reste aujourd’hui, c’est des paysans endettés, des sociétés cotonnières avec de lourdes pertes et des conséquences sanitaires sur le bétail encore méconnues. « Le coton OGM a été une catastrophe pour la filière du coton. Il est à la base de l’endettement des paysans à cause du coût exorbitant de la semence. Par ailleurs, sa fibre de mauvaise qualité se vend sur le marché. Les paysans se sentent dupés », analyse Ousmane Tiendrébéogo, secrétaire général du syndicat national des travailleurs de l’agropastoral (SYNATAP).

L’union nationale des producteurs de coton exige de Monsanto la somme de xx milliards de francs CFA pour réparation des dommages subis. Les sociétés cotonnières, elles aussi se sentent également flouées. Elles réclament de leur côté de 48 milliards de francs CFA (Ndlr : 73 millions d’euros) pour couvrir leurs pertes. En coulisse, l’Etat étudie les moyens pour abandonner purement et simplement le coton BT.

Ousmane Tiendrébéogo, SYNATAP

Refroidis par l’exemple burkinabè, plusieurs pays africains à priori favorables aux OGM font marche arrière. Certains préparent des lois interdisant les cultures transgéniques sur leurs terres. Mais, ces mesures pourraient être vaines à cause la politique sur la biosécurité en préparation à L’union économique et monétaire ouest-africain (UEMOA). L’UEMOA est un organisme d’intégration économique composé de huit pays d’Afrique de de l’ouest ayant en partage le franc CFA. Les politiques et directives de l’UEMOA ont un caractère supranational qui doivent s’imposer dans les pays membres. Celles sur la biosécurité semblent favorables aux OGM. « La politique de l’UEMOA sur la biosécurité est une porte ouverte aux OGM », dénonce Jean-Paul SIKELI, secrétaire exécutif de la coalition pour la protection du patrimoine génétique africain (COPAGEN).

Cette démarche de contournement adoptée par la multinationale américaine ne surprend pas les défenseurs du patrimoine génétique africain. « Vous savez, Monsanto est tenace. Vous le chassez par la porte et il revient par la fenêtre. En passant par l’UEMOA il veut tromper la vigilance des oppositions nationales », explique Ousmane Tiendrébéogo. La société civile dénonce une politique qui ne protège pas les populations. Pis, elle occulte volontairement des aspects négatifs des OGM. « Dans le préambule de la politique, aucune allusion n’était faite sur les risques que peuvent présenter les OGM. Nous avons dénoncé cela et nous avons réussi à ce que cela figure dans le texte », poursuivi, Jean-Paul SIKELI.

Les producteurs appellent à la vigilance et à la mobilisation générale pour faire barrage aux OGM. « La solution passe par l’information et la sensibilisation. Si les paysans sont bien informés, ils rejetteront facilement les cultures transgéniques qui n’ont aucun avantage », conclu-t-il.

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