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La caravane remporte l’enthousiasme des autorités en attendant des actions concrètes

A chaque arrêt de la caravane ouest-africaine pour la terre, l’eau et les semences, des autorités publiques locales, régionales voire nationales accueillent les caravaniers qui trouvent en cela une bonne occasion pour leur remettre un livret vert de plaidoyer contenant les revendications des caravaniers. En retour, les autorités s’expriment sur les thématiques défendues par la convergence et promettent d’œuvrer pour l’aboutissement des luttes.

PNG

Samedi 12 mars 2016 à Kayes. Assis en plein milieu du présidium d’ouverture de l’atelier sur « la mobilité et la souveraineté alimentaire », Mahamadou Maiga, Gouverneur de la Région de Kayes au Mali, prononce un discours détonnant. Loin des propos aseptisés de circonstance qu’ont l’habitude de tenir les responsables politiques et administratifs, M. Maiga se fait siennes les revendications des caravaniers.

Il commence par s’attaquer avec véhémence aux organismes génétiquement modifiés (OGM). « Les OGM sont un danger pour les hommes, les animaux et la terre. C’est pourquoi même aux Etats Unis, ils sont classés parmi les pesticides », déclare-t-il. Il invite les Etats membres de la Communauté Économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à faire bloc pour rejeter les OGM pour dit-il éviter de connaître des tragédies déjà vécues par des Etats d’Amérique du Sud. Le Gouverneur étaye son discours en prenant l’exemple du soja et du coton BT qui « ont transformé les paysans en esclaves sous le joug des grandes firmes ». Le gouverneur clame pour une préservation des semences locales. « Les brevets sont une arme redoutable entre les mains des multinationales. Si nous ne menons pas efficacement ce combat, nous allons perdre notre patrimoine génétique local », prévient-il.

A l’image du Gouverneur Maiga, toutes les autorités politiques et administratives qui ont reçu les caravaniers ont reconnu la justesse des luttes engagées par la convergence pour la terre, l’eau et les semences. Certaines n’ont pas hésité à expliquer aux caravaniers qu’elles les avaient précédées dans la bataille. C’est le cas du Ministre malien de l’investissement et du secteur privé, Konimba Sidibé. Ancien député à l’Assemblée nationale, il a été parmi les premiers à faire pression pour protéger les paysans de l’Office du Niger. Ces paysans faisaient face à des investisseurs Libyens venus pour confisquer leurs terres avec la complicité avérée de politiciens locaux.

A Bobo-Doulasso, au Burkina Faso, le Gouverneur de la Région des Hauts-Bassins a pris l’engagement de transmettre le message de la caravane à ses supérieurs. « Je prends bonne note de votre message que je transmettrai fidèlement aux plus hautes autorités. Nous espérons trouver ensemble une solution pour un accès équitable et durables à ces ressources pour le bien-être de nos populations », a-t-il déclaré.

Cette adhésion des autorités est l’un des principaux objectifs de la caravane ouest-africaine pour la terre, l’eau et les semences. Elle doit à terme influencer les politiques nationales et régionales concernant les 3 thématiques. Pour ce faire, la caravane s’évertue à rencontrer les autorités pour leur remettre le livret de la convergence. Les premières autorités à recevoir les caravaniers sont celles de l’UEMOA, l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine. Après, ce fut le tour des autorités politiques et administratives des différentes régions traversées au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal.

« Les combats que nous menons, pour les remporter il nous faut les autorités à nos côtés. Déjà nous les sentons réceptifs partout où sommes passés. Des mesures ont été prises pour nous faciliter le trajet. C’est un bon début », se réjouit, Massa Koné, porte-parole des caravaniers. Les caravaniers espèrent avoir la même oreille attentive auprès du Président de la république sénégalaise Macky Sall, président en exercice de la CEDEAO.

Par Nourou-Dhine Salouka

Photo : N. Salouka

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